Essert-histoire

Histoire

De la forêt naquit une ville

En 1274 d’abord simple forêt, le site fut progressivement aménagé par ses premiers habitants. A l’origine, établie sous le patronyme de Forchelon, la ville prit son patronyme actuel « Essert » découlant du terme «essart», signifiant «lieu nouvellement défriché». En 1932 par intervention préfectoral une autre commune revendiqua la paternité de l’appellation. A l’unanimité, le conseil municipal refusa et l’Etat céda.

Du comté de Montbéliard à l’empire de Habsbourg : les armoiries en héritage

Très rapidement, la commune se range sous le sceau du comté de Montbéliard avant qu’elle n’intègre l’empire des Habsbourg, suite, en 1324, à l’union de Jeanne, petite fille de Renaud de Bourgogne, à Albert de Habsbourg. Trois siècles de tutelle austro-hongroise, jusqu’au Traité de Westphalie de 1648, par lequel Essert retombe dans l’escarcelle du Royaume de France. De cette époque alémanique – et plus particulièrement du mariage de Francois-Christophe de Klinglin, prêteur royal à Strasbourg, avec la dernière héritière de la famille de Roppe, affiliée à l’Empire – sont restées les armoiries de la ville : le lys, pour la fonction de prêteur royal, la bande rouge, legs des prouesses militaires de l’un des membres du clan.

 

De 1870 à la Grande guerre : solidarité et années noires

Essert vit alors près de deux siècles sans heurt. Jusqu’en 1870, où la ville entre dans une spirale infernale. En partie détruite au cours de la guerre, la commune se relève à peine quand, le 2 août 1914, cinq coups de canon tirés depuis les tourelles du Château de Belfort annoncent l’entrée des troupes allemandes dans le Territoire. Une petite garnison tient le fort d’Essert. Sa mission : défendre la route de Paris. La position sera tenue, le front se stabilisant à 25 kilomètres de Belfort, près de Dannemarie. Reste que de nombreuses mobilisations paralysent Essert. Son Maire, Chris Neuhauser, voit son conseil municipal amputé de cinq de ses conseillers partis au front. Les habitants valides, mais non mobilisés, sont réquisitionnés pour participer à la construction de lignes de défense autour de la ville de garnison. L’armée exige de nombreux sacrifices, tant manuels qu’économiques de la part des habitants afin de soutenir l’effort de guerre. Durant les quatre années de conflit, la commune s’appauvrit et ses revenus s’amenuisent. Sollicité de toute part, le conseil municipal ne peut refuser de  souscrire aux différents appels à sa bienveillance (soutien aux blessés de guerre, aux tuberculeux, aux mutilés de guerre, aux familles des morts pour la patrie…). En marge de ces dépenses, l’interdiction de la chasse et de la coupe du bois appauvrit un peu plus encore la commune qui, si elle n’est plus sur la ligne de front, doit faire face à ses conséquences économiques, financières et humaines terribles : de nombreux Essertois donnent leur vie pour la patrie.

 

 

1919-1944 : L’attachement à la France

Le Traité de Versailles à peine signé, de nouveaux vents mauvais se lèvent. L’Allemagne revancharde se regroupe autour du national socialisme. La suite est connue. Seconde guerre mondiale, Holocauste. Nul n’est besoin d’en ajouter. Sous le feu de la guerre, Essert est finalement libérée entre les 19 et 20 novembre 1944. Guidés par Albert Raspiller, un habitant de la commune et futur Maire, 140 commandos s’infiltrent au travers des lignes allemandes au soir de la première journée. Le lendemain, les blindés prêtent renfort à l’infanterie qui, au prix du sacrifice de 18 jeunes commandos de France, libère Essert après des combats acharnés : le drapeau français flotte à nouveau sur Essert. Une autre libération se prépare alors, celle de Belfort vers laquelle les forces armées poursuivent leur marche victorieuse.